Korrepondants,  Londres

Korres’ #8 : Eliot Ménard, Londres

Après Mayotte, les États-Unis, Berlin, Luxembourg-Ville et le Mexique, Konnexion Jeunesse vous fait traverser la Manche pour poser les valises à Londres. Enfin, c’est Eliot Ménard plus précisément, 25 ans et originaire de Truchtersheim, qui va nous faire découvrir cette destination 🙂 Welcome, dear Korrespondant !



Ayant toujours été attiré par les sciences, j’ai logiquement effectué un bac S au Gymnase Jean Sturm à Strasbourg. Après le bac, je n’étais pas encore certain de ce que je voulais faire plus tard, plusieurs domaines m’intéressaient sans pour autant avoir un métier précis en tête. J’ai donc décidé d’intégrer une classe prépa MPSI, qui prépare pendant deux ans aux concours des écoles d’ingénieurs. Cela me laissait le temps de maturer mon choix tout en me construisant un solide background scientifique. Au cours de ces deux années, je me suis intéressé par hasard à la finance et j’ai adoré. Cela mélange statistiques, économie, programmation informatique, des domaines qui me passionnent. J’ai donc passé les concours classiques des écoles d’ingénieurs ainsi que celui de l’EDHEC en admission parallèle, qui est une école de commerce (normalement accessible via prépa ECE/ECS). C’est finalement vers cette école que j’ai porté mon choix. La première année était plus orientée sur le commerce/marketing/management, puis je me suis spécialisé en Finance de marché l’année suivante (M1), et enfin j’ai effectué un MSc (équivalent d’un M2) en Corporate Finance & Banking, qui correspond grosso modo à de l’analyse financière.

Entre le M1 et le MSc, j’ai effectué deux stages de césure de 6 mois chacun à Paris. Le premier à la salle des marchés de la Société Générale à La Défense où j’étais Sales assistant en produits dérivés de taux sur le desk en charge des PME française (en gros on vendait des produits financiers qui permettent aux entreprises de se couvrir contre les fluctuations de taux d’intérêt lorsque ces dernières ont emprunté à taux variable). Je travaillais sur ce qu’on appelle en anglais le trading floor, une salle grande comme un terrain de football environ où se côtoient les différents acteurs des activités de marché, dont les fameux traders. C’était assez impressionnant, mais loin des clichés que l’on peut voir dans les films.
J’ai effectué le second stage en temps qu’assistant gérant obligataire à Meeschaert, une petite société de gestion d’actif qui a ses bureaux sur les champs Elysées (le cadre de travail était plutôt agréable). Mon but était d’aider l’équipe de gestion dont le rôle est de gérer des portefeuilles d’obligations corporates, c’est à dire des titres de dette émis par des entreprises. Comme les actions, ces titres peuvent varier à la hausse où à la baisse, et délivrent un coupon (qui correspond aux intérêts payés par l’entreprise). Nos clients étaient principalement des particuliers français.

Des deux stages j’ai vraiment préféré le second. Le premier était plus orienté relationnel, rapidité d’exécution et rigueur car il ne fallait pas faire d’erreur, ce qui était assez stressant. Le second portait plus sur l’analyse financière des entreprises dans le but de déceler les meilleures opportunités, avec une vision un peu plus à long terme puisqu’une fois une obligation achetée, on pouvait la garder dans nos portefeuilles pendant plusieurs années.

Aujourd’hui, je suis en CDI à Londres dans une société basée dans la City qui s’appelle bfinance et qui fait du conseil en investissement pour des clients institutionnels (fonds de pension, assurances, etc). Concrètement, mon rôle est de comprendre les besoins du client, et de lui trouver le meilleur fonds d’investissement parmi tous ceux qui correspondent à ses critères. C’est un poste qui m’a particulièrement plus car il me permet d’être exposé à différentes classes d’actifs (actions, obligations, private equity, etc) et donc d’avoir une vision assez complète des interactions entre les différents instruments financiers. À terme, j’aimerais intégrer un fonds et pourquoi pas devenir gérant de fonds. La finance est un domaine vraiment passionnant, challenging et très stimulant intellectuellement parlant. C’est un domaine qui peut paraître assez obscur pour certains, voire dangereux pour d’autres, mais au final peu de gens y comprennent tous les tenants et aboutissants.

Londres est une ville qui m’a toujours attirée.

J’avais eu l’occasion de la visiter avec mes parents lorsque j’étais plus jeune et j’avais adoré. À la fin de mes études, je devais trouver un emploi à l’étranger afin de valider mon diplôme. Londres étant une des places majeures de la finance dans le monde, je n’ai pas eu trop de mal à trouver des offres en adéquation avec ce que je voulais faire. J’avais une certaine appréhension en arrivant car c’était mon premier cdi, dans une ville étrangère où je ne connaissais pas grand monde … Mais il faut parfois savoir sortir de sa zone de confort, et je ne regrette pas mon choix ! Au fil du temps, d’autres amis de l’école m’ont rejoint et j’ai fait des rencontres sur place, et je me sens maintenant très à l’aise dans cette ville. Londres est une ville incroyable où même le mauvais temps ne parvient pas à entamer l’enthousiasme des londoniens.

Un autre aspect du charme de cette ville, c’est son caractère multiculturel.

Je travaille avec des anglais évidemment, mais aussi des italiens, d’autres français, des indiens, etc. C’est hyper enrichissant d’échanger avec des gens qui n’ont pas la même manière de penser que toi. La communication se fait naturellement en anglais, c’était un peu délicat au début car les native speakers parlent vraiment vite, mais au bout de 6 mois j’étais rôdé.

Pour les compétences requises dans mon métier, je dirais qu’il faut surtout une bonne culture financière, être à l’aise avec les nombres, un bon sens du relationnel car on communique en permanence entre les différentes équipes et avec nos clients, et enfin une bonne maîtrise des outils informatiques (je passe une bonne partie de mon temps sur excel ou sur un langage de programmation à calculer des ratios, faire des simulations de performance, etc). Les français sont assez appréciés en finance car nous sommes réputés pour avoir une très bonne formation scientifique, là où les anglais vont plus briller par leur sens du relationnel.
Dans la vie de tous les jours, pas vraiment de compétences particulières à avoir. Je dirais qu’il faut surtout rester ouvert d’esprit pour coller à la mentalité générale de Londres. Les gens viennent de partout et cohabitent sans problèmes, c’est une belle leçon de vivre ensemble.

J’ai la chance d’avoir été rejoint par des amis de l’EDHEC, ce qui fait que j’ai retrouvé une partie de mon cercle d’amis à Londres. On aime bien sortir boire un coup dans des pubs après le travail, c’est un peu un sport national ici. Sinon le week-end je participe souvent à des matches de foot sur demi terrain qui sont organisés entre français (ne pas faire partie d’une vraie équipe de foot est vraiment l’une des choses qui me manque le plus de ma vie dans le Kochersberg ! Petite dédicace à l’ASK). En parlant d’Alsace, j’essaie de rentrer tous les 2 mois environ, même si le Covid a pas mal chamboulé les choses à l’heure actuelle. Mes colocs ont dû rentrer en Alsace, je me retrouve tout seul dans mon appartement sans pouvoir en sortir, ça fait bizarre ! Mais pour l’instant, que ce soit à plus ou moins long terme, je ne me vois pas rentrer en France. Je me sens bien ici, j’ai un métier qui me plaît, un bon groupe d’amis, et lorsque ma famille ou mes amis truchtersheimois me manquent il me suffit d’1h30 de vol pour me refaire la fraise autour d’une bonne flammekueche !

Eliot Ménard, notre Korrespondant à Londres

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